S'attaquer à la redoutée Margaret Thatcher n'est pas une tâche aisée. Elle est même plutôt risquée. Pourtant, le projet semblait bien parti : Meryl Streep dans le rôle principal, Jim Broadbent dans le rôle de son époux, une volonté de crédibilité,...
Mais la réalisatrice Phyllis Lloyd semble s'intéresser bien plus au personnage qu'à sa politique et au contexte historique.
SYNOPSIS : Atteinte de la maladie d'Alzheimer, Margaret Thatcher se remémore les instants clés de sa vie, sa jeunesse , la guerre des Malouines, son élection à la tête du Parti conservateur, les grandes grèves, jusqu'à sa chute en 1990.
Il manque cruellement à cette adaptation 2 choses : du recul et de l'esprit critique.
Tout d'abord, le choix de se concentrer sur les souvenirs d'une pauvre vieille dame perdue dans ses pensées, minimise complètement son caractère trempé qui lui a valu le surnom de "Dame de Fer". Cette décision parait complètement absurde puisqu'elle attendrit le spectateur et fait dans le sentiment tandis que Thatcher était connue pour être implacable, inflexible.
De plus, le manque de point de vue politique reste un comble. Les événements sont survolés sans aucune analyse, l'impopularité des décisions de Thatcher est édulcorée. La majeure partie du scénario porte sur sa vie de famille et non sur sa vie politique.
Toutes les répercussions sur la population sont omises : le bilan économiquement positif est mis en avant mais les couches populaires délaissées et les inégalités creusées passent à la trappe.
Le film semble vouloir réhabiliter l'image d'une femme malaimée en suscitant l'empathie du spectateur face à cette Dame de Fer rouillée et hantée par des bribes de souvenirs. La sélection des événements et de leurs conséquences vide ce biopic de sens et de toute crédibilité.
Seule Meryl Streep, grimée de manière stupéfiante, joue de manière subtile et toute en nuances. Bluffant, mais l'actrice a accepté un rôle absurde puisque centré sur une facette de la multiple personnalité de son héroïne.
"La Dame de fer" s'enferme dans le portrait solo, décrit le prix personnel à payer pour le pouvoir mais élude la note salée pour les Britanniques.